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Références sur un CV en 2026 : où les mettre, qui choisir, et ce que l’employeur a le droit d’en faire
Ce guide traite la place des références, la présentation de la liste, le choix des référents, l’email pour les solliciter, la lettre de recommandation, et les règles sur ce qu’un employeur peut collecter et ce qu’un ancien employeur peut dire, en France d’abord, puis aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Faut-il mettre des références sur un CV ?
Dans la plupart des cas, non. Mettez-les sur une page à part et envoyez-la quand l’employeur la demande. En France, l’employeur doit vous prévenir avant de recueillir des références (L1221-9). Au Royaume-Uni, l’Acas conseille aux employeurs de demander les références en fin de processus. Listez environ trois personnes qui ont accepté, avec nom, poste, entreprise, téléphone, email et une ligne sur votre collaboration. Laissez de côté « références disponibles sur demande ». Dans une enquête CareerBuilder de 2012 (CareerBuilder vend des services de recrutement), 80 % de 2 494 employeurs américains disent contacter les références.
Publié le 14 octobre 2026. Chaque chiffre est sourcé à la fin, avec la taille de l’échantillon et l’auteur de l’enquête. Les points juridiques sont des informations générales : pour un cas précis, consultez un avocat en droit du travail.
Faut-il mettre des références sur un CV ?
Gardez-les hors du CV, sur une page séparée, sauf si l’annonce ou le formulaire de candidature demande des référents dès l’envoi. Trois raisons font de la page séparée le bon réflexe.
- Le moment. L’Acas, l’organisme public britannique de conseil en droit du travail, conseille aux employeurs de demander les références en fin de processus, et d’avoir une offre conditionnelle et l’accord du candidat avant de contacter un employeur actuel. Dans l’enquête CareerBuilder de 2012, 16 % des employeurs qui vérifient les références les appelaient avant l’entretien. Dans les deux cas, des noms inscrits sur un CV arrivent chez l’employeur dès la première étape.
- La vie privée de vos référents. Un CV circule : jobboards, cabinets, logiciels de suivi des candidatures que vous ne verrez jamais. Chaque copie porterait le téléphone et l’email de quelqu’un d’autre.
- Le choix. Une page séparée vous laisse retenir les deux ou trois personnes adaptées à chaque poste. Un poste commercial et un poste en logistique appellent des voix différentes, et vous ne pouvez choisir qu’une fois que vous savez quel poste demande.
L’exception est pratique. Quand une annonce ou un formulaire de candidature demande des référents dès l’envoi, avec des champs pour les noms et coordonnées, remplissez-les et suivez l’annonce.
Si votre CV liste déjà des référents, retirez-les avant votre prochaine candidature. Vous pouvez voir ce qu’un parseur tire de votre fichier, coordonnées comprises, avec l’aperçu ATS gratuit, sans créer de compte.
Faut-il écrire « références disponibles sur demande » ?
Non. La mention énonce ce que tout employeur suppose déjà, et elle occupe en bas de page une ligne où pourrait figurer une dernière réalisation ou une certification.
Un employeur qui veut des références les demande, par email, par téléphone ou via un formulaire de son logiciel de recrutement. Quand vous devez être prévenu, en France et au Royaume-Uni, est détaillé plus bas.
Ce qu’il faut à la place : rien sur le CV, et une page de références terminée sur votre ordinateur, prête à partir le jour où on vous la demande. Le modèle est plus bas.
Que dit le droit français sur la prise de références ?
Un employeur en France peut contacter vos références, mais seulement après vous en avoir informé, et seulement pour évaluer votre capacité à occuper le poste. Trois articles du Code du travail, tous cités dans le guide recrutement de la CNIL, posent le cadre.
- Article L1221-6 : les informations demandées à un candidat, sous quelque forme que ce soit, ne peuvent servir qu’à apprécier sa capacité à occuper l’emploi ou ses aptitudes professionnelles, et doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l’emploi.
- Article L1221-8 : le candidat est expressément informé, avant leur mise en œuvre, des méthodes et techniques d’aide au recrutement utilisées à son égard. Les résultats sont confidentiels, et les méthodes doivent être pertinentes au regard de la finalité poursuivie.
- Article L1221-9 : aucune information concernant personnellement un candidat ne peut être collectée par un dispositif qui n’a pas été porté préalablement à sa connaissance.
Le guide recrutement de la CNIL, publié le 30 janvier 2023, l’applique directement aux références. Le recueil de références auprès de votre environnement professionnel (supérieurs hiérarchiques, collègues, maîtres de stage, clients, fournisseurs) est autorisé dès lors que vous en avez été informé au préalable. Comme les références sont collectées auprès d’un tiers, le guide indique que le recruteur doit vous informer dès que possible, au plus tard dans un délai d’un mois après la collecte. Votre droit d’accès couvre les données recueillies auprès d’anciens employeurs, dans le respect des droits des référents ; le guide cite comme bonne pratique la suppression des noms des personnes qui ont rédigé les commentaires. Si vous n’êtes pas retenu, l’employeur peut garder votre dossier jusqu’à trois mois après la fin du processus. Au-delà, il lui faut votre consentement, ou il doit vous en informer et vous laisser vous y opposer simplement, et le guide recommande de ne pas dépasser deux ans après le dernier contact.
Le droit français prévoit aussi un document à connaître. À la fin de tout contrat de travail, l’employeur remet au salarié un certificat de travail (article L1234-19). Son contenu se limite à des mentions factuelles : l’article D1234-6 énumère les dates d’entrée et de sortie et les emplois occupés avec leurs périodes, et l’article L911-8 du Code de la sécurité sociale y ajoute le maintien des garanties santé et prévoyance. Il ne contient aucune appréciation de votre travail. La CNIL indique que ce certificat suffit en principe à attester de votre expérience, donc qu’un recruteur peut le demander, et que les bulletins de paie, qui contiennent salaire, absences et coordonnées bancaires, ne devraient pas être demandés. Tout ce qui porte sur la qualité de votre travail vient donc d’une référence ou d’une lettre de recommandation, une lettre qu’un ancien responsable rédige à votre demande.
| France | Royaume-Uni | États-Unis | |
|---|---|---|---|
| Règles principales | Code du travail L1221-6 à L1221-9 ; RGPD et guide de la CNIL | Guide de l’Acas ; UK GDPR et guide de l’ICO | Lois des États sur les références ; FCRA si une société de vérification intervient |
| L’ancien employeur doit-il en fournir ? | Certificat de travail obligatoire, mentions factuelles uniquement | En général non, sauf contrat, postes FCA ou PRA, ou accord | Aucune obligation fédérale d’en fournir ; aucune loi fédérale sur ce qu’il peut dire, hors interdiction des représailles ; protection variable selon l’État |
| Êtes-vous prévenu avant ? | Oui, la loi impose une information préalable (L1221-9) | L’Acas conseille de demander en fin de processus, avec votre accord | Oui, par écrit, si une société de vérification intervient |
| Pouvez-vous lire ce qui a été dit ? | Oui, par le droit d’accès ; les noms des référents peuvent être retirés | Non si la référence a été donnée à titre confidentiel | Vous recevez une copie du rapport de vérification avant un refus fondé sur lui |
En pratique, pour un poste en France : donnez vos références quand on vous les demande, précisez les personnes que le recruteur peut contacter, et rangez vos certificats de travail et vos lettres de recommandation dans un même dossier pour pouvoir les envoyer le jour même.
Les employeurs vérifient-ils vraiment les références ?
Dans les enquêtes disponibles, la plupart disent que oui, et ce que disent les référents change des décisions. Les chiffres publiés sont anciens, américains, et viennent d’entreprises qui vendent des services de recrutement : lisez-les comme des ordres de grandeur. Aucune enquête française comparable, avec un échantillon publié, n’a été trouvée.

L’enquête la plus détaillée avec un échantillon publié est celle de CareerBuilder (2012), menée par Harris Interactive auprès de 2 494 recruteurs et professionnels RH et de 3 976 salariés. Côté employeurs, 80 % disent contacter les références, et 16 % de ceux-là les appellent avant même de convoquer le candidat en entretien. 62 % indiquent qu’un référent cité par le candidat n’a pas donné un avis positif. 47 % disent qu’un référent a dégradé leur opinion d’un candidat, 23 % qu’il l’a améliorée, et 29 % ont déjà repéré une fausse référence.
Côté salariés, la même enquête donne un chiffre lié : 15 % reconnaissent avoir cité quelqu’un comme référence sans le prévenir. Un référent surpris par l’appel, ou qui ne se souvient plus des détails de votre travail, risque davantage de répondre de façon vague.
Une enquête plus récente va dans le même sens. Dans une enquête Accountemps auprès de plus de 2 800 cadres dirigeants américains, rapportée par HR Dive en mars 2019 et citée par Robert Half, les cadres dirigeants disent écarter environ 34 % des candidats après une vérification de références. Accountemps est une activité d’intérim du groupe Robert Half.
Vous lirez aussi que « 87 % des employeurs vérifient les références », chiffre attribué à la SHRM. Nous n’avons pas trouvé l’étude de la SHRM qui le fonde : il est donc écarté.
Qui choisir comme référence ?
Des personnes qui ont vu votre travail récemment et de près, capables de donner des exemples, joignables, et qui ont dit oui. Un ancien manager direct reste le meilleur choix par défaut. Le tableau montre où chaque type de référent aide, et où il peut vous desservir.
| Référent | Utile pour | Ce qu’il peut dire | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Ancien manager direct | Presque toutes les candidatures | Périmètre, résultats, points forts et points faibles | Son entreprise peut faire passer toute demande par les RH |
| Manager actuel | Après une offre, éventuellement | Votre travail le plus récent | Le risque de révéler votre recherche |
| Collègue senior ou pair | Postes très collectifs | Votre façon de travailler au quotidien | Moins de poids sur la performance |
| Client ou partenaire | Commerce, conseil, gestion de comptes | Livraison, fiabilité, relation | Ses propres règles de confidentialité |
| Personne que vous avez encadrée | Postes de management | Votre façon de diriger, déléguer, faire des retours | Avec un manager, jamais seule |
| Enseignant ou maître de stage | Jeunes diplômés, premier emploi | Qualité du travail, fiabilité, apprentissage | Choisir quelqu’un qui connaît votre travail |
| Famille ou amis | Rien | Rien qu’un employeur acceptera | À exclure |
Deux filtres comptent plus que la hiérarchie. D’abord la fraîcheur : un manager d’il y a trois ans qui vous voyait chaque jour pèse plus qu’un directeur de l’an dernier croisé deux fois. Ensuite le poste visé : si le poste consiste à gérer des clients, un client prêt à parler de vous vaut plus qu’un troisième manager.
Soyez réaliste sur ce que dira un ancien employeur. Aux États-Unis, des avocats en droit du travail cités par la SHRM conseillent aux employeurs de confier toutes les demandes de références à une seule personne formée, en général aux RH, de ne donner que des informations factuelles et d’obtenir l’accord écrit de l’ancien salarié. Au Royaume-Uni, l’Acas note que la politique de l’employeur peut limiter ce qui est dit et qui le dit. Un appel au standard risque donc de ne confirmer que vos dates et votre poste, ce que dit déjà votre certificat de travail en France. Raison de plus pour donner le nom d’une personne, avec ses coordonnées directes, qui a accepté de parler.
Comment demander à quelqu’un d’être votre référence ?
Par email ou par message, avant d’en avoir besoin, en lui laissant une façon simple de refuser. Puis un second message, court, quand un employeur demande vraiment des noms. Voici les deux, prêts à adapter.
Email 1 : demander à quelqu’un d’être votre référence
Objet : Accepteriez-vous d’être ma référence ? Bonjour Karine, Je cherche mon prochain poste en planification logistique et j’aimerais vous citer comme référence. Vous avez été ma responsable chez Transports Delorme de 2022 à 2025, et vous avez suivi de bout en bout le projet de réimplantation de l’entrepôt : vous êtes la mieux placée pour parler de mon travail de planification. Si vous êtes d’accord, un recruteur pourrait vous écrire ou vous appeler dans les deux prochains mois, en général en fin de processus. Je vous préviendrai avant de transmettre vos coordonnées, avec le nom de l’entreprise, le poste et la personne qui vous contactera. Pouvez-vous me confirmer le numéro et l’adresse email à communiquer ? Et si ce n’est pas le bon moment pour vous, dites-le-moi simplement, aucun souci. Merci beaucoup, Damien Roussel 06 12 34 56 78
Email 2 : prévenir quand un employeur demande vos références
Objet : Appel de référence de Primeurs du Val cette semaine Bonjour Karine, Bonne nouvelle : je suis en dernier tour pour le poste de responsable de la planification chez Primeurs du Val, et je leur ai transmis vos coordonnées. Leur chargée de recrutement, Mme Lefort, vous écrira cette semaine. Le poste porte surtout sur la prévision de la demande et l’encadrement d’une équipe de quatre personnes. Deux points de notre collaboration sont utiles : - le projet de réimplantation qui a réduit les temps de préparation - la reprise de la réunion hebdomadaire S&OP quand l’équipe a grandi L’offre est en pièce jointe. Merci encore. Damien
Le second email change l’appel. Il dit à votre référent qui va le contacter, ce que demande le poste, et quels projets évoquer. Vous lui rappelez des faits qu’il connaît déjà. Les 15 % de salariés de l’enquête CareerBuilder qui ont cité quelqu’un sans le prévenir se sont privés de cet avantage.
Après la décision, envoyez un troisième message, plus court : l’issue, et un merci. Si vous voulez une lettre de recommandation, c’est aussi le bon moment pour la demander, tant que votre travail est frais dans sa mémoire.
Comment présenter une liste de références ?
Une page, le même en-tête que votre CV, un titre « Références », et trois entrées classées selon leur pertinence pour le poste. Chaque entrée tient en six lignes : nom, poste, entreprise, téléphone, email, et une phrase sur votre collaboration.
Modèle de page de références
[PRÉNOM NOM] [Ville] · [Téléphone] · [Email] · [URL LinkedIn] RÉFÉRENCES [Nom du référent] [Poste], [Entreprise] [Téléphone] · [Email] Lien : [comment vous vous connaissez, quand, sur quel travail] [Nom du référent] [Poste], [Entreprise] [Téléphone] · [Email] Lien : [comment vous vous connaissez, quand, sur quel travail] [Nom du référent] [Poste], [Entreprise] [Téléphone] · [Email] Lien : [comment vous vous connaissez, quand, sur quel travail]
Exemple rempli
DAMIEN ROUSSEL Lyon · 06 12 34 56 78 · damien.roussel@example.com RÉFÉRENCES Karine Vasseur Directrice des opérations, Transports Delorme 06 23 45 67 89 · k.vasseur@example.com Lien : ma responsable directe de 2022 à 2025. A supervisé le projet de réimplantation de l’entrepôt que j’ai mené. Julien Marchal Planificateur senior, Transports Delorme 06 34 56 78 90 · julien.marchal@example.com Lien : collègue de l’équipe planification pendant trois ans. Nous animions ensemble la réunion hebdomadaire S&OP. Sophie Garnier Cheffe de catégorie, Primeurs du Sud (client) 06 45 67 89 01 · sgarnier@example.com Lien : ma principale interlocutrice client pendant deux ans sur les prévisions de réapprovisionnement.
- Reprenez l’en-tête du CV. Même nom, même police, mêmes coordonnées. La page se lit à côté du CV et doit sembler faire partie du même dossier.
- Placez la personne la plus pertinente en premier. Pour un poste au contact des clients, un client peut ouvrir la liste. Un recruteur pressé n’appellera peut-être qu’un seul nom.
- Utilisez les coordonnées qu’on vous a données. Une ligne directe ou un portable, et une adresse email consultée. Le standard de l’entreprise renvoie l’appel aux RH, qui peuvent se limiter aux dates.
- Écrivez la ligne « Lien ». Elle dit à l’employeur pourquoi l’avis de cette personne compte avant même l’appel, et rappelle au référent de quel travail parler.
- Enregistrez-la en PDF à votre nom. « Damien-Roussel-References.pdf » se retrouve facilement dans une boîte mail et dans un logiciel de recrutement.
- Joignez ce que vous avez par écrit, si on vous le demande. En France, un certificat de travail confirme dates et postes, et une lettre de recommandation porte une appréciation.

La page est une des cinq étapes. Les quatre autres sont la demande, l’envoi sur demande, la préparation du référent et le remerciement.
Que demandent les recruteurs à vos référents ?
Surtout vos points forts et vos points faibles, puis ce que vous faisiez concrètement. La confirmation des intitulés et des dates arrive en troisième position.

Dans l’enquête Accountemps rapportée par HR Dive, 38 % des cadres dirigeants disent attendre d’abord d’une référence un regard sur les points forts et les points faibles du candidat, 22 % une description de ses missions passées, 19 % la confirmation des intitulés de poste et des dates d’emploi, et 12 % un éclairage sur la culture de travail qu’il préfère.
Le guide de Robert Half destiné aux recruteurs liste les questions qu’il conseille de poser. Vos référents entendront une version de celles-ci :
- Quelles étaient ses principales responsabilités ?
- Quelles sont ses compétences ou qualités les plus fortes ?
- Quelle a été sa réalisation la plus marquante ?
- Quelle formation lui serait utile ?
- Comment reçoit-il les critiques constructives ?
- Quels sont ses points faibles ?
- Le réembaucheriez-vous, et pourquoi ?
- Y a-t-il quelqu’un d’autre à qui je devrais parler ?
Deux d’entre elles se préparent. Préparez ensemble la question des points faibles : mettez-vous d’accord sur une réponse vraie et mineure, sur laquelle vous avez déjà progressé, la même que vous donneriez en entretien. La question de la réembauche fait débat côté employeurs : une consultante RH citée par la SHRM en 2018 conseille aux employeurs de ne pas la poser ni y répondre, parce que la réponse peut ne refléter que le ressenti personnel du référent. Certains référents la déclineront.
La dernière question, « quelqu’un d’autre à qui parler ? », permet à l’employeur de joindre des personnes que vous n’avez pas citées. En France, l’employeur doit vous prévenir avant (voir plus bas), et l’article L1221-6 limite les questions à ce qui sert à évaluer votre capacité à occuper le poste.
Si vous postulez aux États-Unis, que peut dire un ancien employeur ?
En général tout ce qui est vrai, dans des limites fixées par chaque État. Aucune loi fédérale ne fixe ce qu’un employeur peut dire dans une référence, mais le droit fédéral anti-discrimination interdit les références données par représailles. Le reste dépend de l’endroit où se trouvent le candidat, l’ancien employeur et le nouveau. Ce qui suit est une information générale ; pour un cas précis, consultez un avocat.
Un article de la SHRM de 2018 destiné aux employeurs, qui cite des avocats en droit du travail, résume l’essentiel. Les employeurs peuvent en général dire la vérité, y compris sur une mauvaise performance. Beaucoup d’États leur accordent une immunité conditionnelle pour les informations données de bonne foi, perdue quand l’employeur donne sciemment ou par imprudence des informations fausses ou trompeuses, ou agit avec malveillance. Les États diffèrent sur les détails :
- Hawaï présume la bonne foi et protège les informations liées au poste, opinions comprises, sauf si l’employeur les savait fausses.
- L’Arkansas exige l’accord écrit du salarié et protège une liste définie d’informations : dates d’emploi, salaire, missions, dernière évaluation, motif du départ.
- Le Missouri ne protège que les réponses écrites à des demandes écrites, avec une copie envoyée au salarié.
- New York et le Massachusetts n’ont pas de loi d’immunité, ce qui, selon un avocat cité par la SHRM, y rend plus difficile la délivrance de références.
Un employeur qui en dit trop, ou le dit à la mauvaise personne, s’expose à une action en diffamation de l’ancien salarié ou à une action pour négligence du nouvel employeur. C’est pour cela que les avocats cités par la SHRM recommandent de confier toutes les demandes à une seule personne formée, par écrit, avec l’accord écrit de l’ancien salarié.
Le droit fédéral interdit aussi les représailles. Le guide de 2016 de l’Equal Employment Opportunity Commission sur les représailles, qui cite l’arrêt Robinson v. Shell Oil rendu par la Cour suprême en 1997, indique que le Title VII protège les anciens salariés. L’activité protégée couvre la participation à une procédure EEO (plainte, témoignage, enquête) et l’opposition à une pratique rendue illégale par le droit anti-discrimination. Parmi les exemples de représailles contre un ancien salarié, le guide cite une référence négative « injustifiée et mensongère » (unjustified, untruthful negative job reference), le refus de fournir une référence, et le fait de signaler à un futur employeur une plainte EEO antérieure. Dans un de ses exemples, une référence négative qui donnait une appréciation honnête du travail de l’ancien salarié, selon la pratique habituelle de l’employeur, ne constitue pas des représailles, sauf si elle est donnée en raison de la plainte pour discrimination.
D’autres règles s’appliquent quand l’employeur passe par une société de vérification. Selon la Federal Trade Commission, un rapport de vérification fourni par un tiers relève du Fair Credit Reporting Act. L’employeur doit vous remettre une information écrite dans un document distinct et obtenir votre accord écrit avant de le commander. S’il s’agit d’un rapport d’enquête, fondé sur des entretiens portant sur votre caractère ou votre réputation, il doit aussi vous le dire et vous permettre de demander sa nature et sa portée. Et avant de vous écarter à cause d’un rapport, il doit vous en envoyer une copie avec un résumé de vos droits, pour que vous puissiez contester les erreurs.
Et si vous postulez au Royaume-Uni ?
Un employeur n’a en général aucune obligation légale de fournir une référence, et toute référence donnée doit être juste et exacte. L’Acas, l’organisme public qui conseille sur le droit du travail en Angleterre, en Écosse et au pays de Galles, en fixe les règles. Il conseille aussi aux employeurs de demander les références en fin de processus de recrutement, au moment de l’offre d’emploi, d’avoir une offre conditionnelle et l’accord du candidat avant de contacter un employeur actuel, et prévient que l’employeur actuel pourrait sinon apprendre que le candidat postule ailleurs.
Une référence n’est obligatoire que dans quelques cas : quand l’employeur l’a promise par écrit, par exemple dans le contrat ; pour certains postes des services financiers régulés par la Financial Conduct Authority ou la Prudential Regulation Authority ; et quand elle a été convenue, par exemple dans un accord transactionnel. En dehors de ces cas, l’employeur peut refuser, et sa politique interne peut limiter ce qui est dit et qui le dit.
L’Acas distingue trois formes. La référence de base donne l’intitulé du poste et les dates. La référence détaillée peut ajouter vos compétences, capacités et expérience, les motifs du départ, les absences et les sanctions disciplinaires quand elles sont récentes. La référence personnelle vient de quelqu’un qui vous connaît et indique depuis combien de temps, ainsi que vos qualités. Dans tous les cas, la référence ne doit pas être trompeuse, les opinions devraient s’appuyer sur des éléments, et l’Acas indique qu’une référence ne devrait pas mentionner les aménagements liés à un handicap, les absences liées à un handicap, une adoption, un congé maternité ou paternité, ni les sanctions disciplinaires, sauf si elles sont récentes et pertinentes.
Pouvez-vous lire ce qui a été écrit sur vous ? Pas si la référence a été donnée à titre confidentiel. L’Information Commissioner’s Office, l’équivalent britannique de la CNIL, indique que les références confidentielles données pour un emploi échappent au droit d’accès, que vous le demandiez à l’employeur qui l’a rédigée ou à celui qui l’a reçue. L’exception ne vaut que pour les références données à titre confidentiel, et l’ICO demande aux employeurs de dire clairement, dans leur politique de confidentialité ou leur règlement, s’ils les traitent ainsi. Dans un de ses exemples, une référence RH purement factuelle, dont le salarié connaissait déjà le contenu, pouvait raisonnablement lui être communiquée.
Pas de références, ou peur d’une mauvaise : que faire ?
La plupart des personnes qui ont travaillé, étudié ou fait du bénévolat ont quelqu’un qui les a vues faire. Partez de là, et organisez-vous autour de la personne que vous préféreriez voir rester hors du circuit.
- Pas d’expérience professionnelle. Un enseignant dont vous avez réussi le cours, un maître de stage, le responsable d’un job étudiant, un responsable associatif, un entraîneur. Ce qui compte, c’est qu’il vous ait vu produire quelque chose et puisse le dire. À ce stade, le guide des outils de recherche d’emploi pour jeunes diplômés indique où chercher ce premier poste.
- Un ancien employeur qui ne confirme que les dates. C’est en général une politique d’entreprise : des avocats cités par la SHRM conseillent aux employeurs de faire passer toutes les demandes par une seule personne aux RH. Ajoutez un ancien collègue ou un client qui peut parler du travail lui-même.
- Une période sans emploi. Une référence d’avant la coupure, plus une de ce que vous avez fait pendant (formation, missions en indépendant, aidant familial), couvre les deux côtés. Comment parler de la coupure elle-même est détaillé dans expliquer un trou dans son CV.
- Un manager avec qui la séparation s’est mal passée. Ne le citez pas, et ayez deux noms solides. Si l’employeur tient à cette entreprise, proposez le contact RH pour une confirmation factuelle et un collègue senior de la même équipe pour le fond.
N’en inventez pas : 29 % des employeurs de l’enquête CareerBuilder avaient déjà repéré une fausse référence dans une candidature.
Si une référence a été injuste, vos recours dépendent du pays. En France, votre droit d’accès couvre ce que les référents ont dit de vous. Au Royaume-Uni, l’Acas rappelle qu’une référence doit être juste et exacte, avec des opinions étayées. Aux États-Unis, les recours dépendent de l’État.
Comment suivre ses références pendant une recherche d’emploi ?
Notez, pour chaque candidature, qui vous avez donné et quand vous l’avez prévenu. Sur une longue recherche, les trois mêmes personnes peuvent être appelées par plusieurs employeurs, et chaque appel se passe mieux quand le référent s’y attendait.
Ajoutez trois colonnes à votre tableau de suivi des candidatures : référents transmis, date du message de prévenance, date du remerciement. Faites tourner vos référents quand c’est possible, en retenant celui qui correspond le mieux à chaque poste.
Pour la discussion sur la rémunération qui suit une offre, voir comment négocier son salaire.
Questions fréquentes
Faut-il mettre des références sur un CV ?
Faut-il écrire « références disponibles sur demande » sur son CV ?
Combien de références donner ?
Qui ne faut-il pas choisir comme référence ?
Un collègue peut-il servir de référence ?
Les employeurs appellent-ils vraiment les références ?
Un recruteur a-t-il le droit d’appeler mon ancien employeur ?
Que peut dire un ancien employeur sur moi ?
Quelle différence entre une référence et une lettre de recommandation ?
Arrivez d’abord à l’étape des références
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Sources
Les enquêtes menées par des entreprises qui vendent des services de recrutement sont signalées comme telles. Le chiffre souvent repris de 87 % d’employeurs qui vérifient les références, attribué à la SHRM, n’est pas cité faute d’avoir trouvé l’étude qui le fonde ; la boîte à outils de la SHRM sur la vérification des références est réservée à ses membres et n’a pas pu être lue. Aucune enquête française chiffrée sur la prise de références, avec un échantillon publié, n’a été trouvée. Les sources juridiques sont résumées à titre d’information générale. Consultées le 14 octobre 2026.
- Enquête CareerBuilder réalisée par Harris Interactive, rapportée par UPI, 28 novembre 2012 (2 494 recruteurs et professionnels RH, 3 976 salariés ; CareerBuilder vend des services de recrutement)
- Robert Half, Here’s How to Check References, non daté, consulté le 14 octobre 2026 (enquête auprès de 2 800 cadres dirigeants américains ; Robert Half vend des services d’intérim et de recrutement)
- HR Dive, Managers rule out a third of candidates after reference checks, 14 mars 2019 (enquête Accountemps, plus de 2 800 cadres dirigeants américains ; Accountemps appartient à Robert Half)
- SHRM, Lisa Nagele-Piazza, Can Employers Give a Bad Reference for a Former Employee?, 28 février 2018
- Equal Employment Opportunity Commission (États-Unis), Enforcement Guidance on Retaliation and Related Issues, 25 août 2016 (cite Robinson v. Shell Oil, 1997)
- Federal Trade Commission (États-Unis), Using Consumer Reports: What Employers Need to Know, octobre 2016
- Acas, Job references : when an employer must give a reference, avec la rubrique « When to ask for a reference », mise à jour du 1er octobre 2026
- Acas, What employers can say in a reference, mise à jour du 1er octobre 2026
- Information Commissioner’s Office (Royaume-Uni), Subject access request Q&As for employers, consulté le 14 octobre 2026
- Légifrance, Code du travail, article L1221-6, en vigueur depuis le 1er mai 2008
- Légifrance, Code du travail, article L1221-8, en vigueur depuis le 1er mai 2008
- Légifrance, Code du travail, article L1221-9, en vigueur depuis le 1er mai 2008
- Légifrance, Code du travail, article L1234-19 (remise du certificat de travail), en vigueur depuis le 1er mai 2008
- Légifrance, Code du travail, article D1234-6 (contenu du certificat de travail), en vigueur depuis le 1er janvier 2015
- Légifrance, Code de la sécurité sociale, article L911-8 (maintien des garanties signalé dans le certificat de travail), en vigueur depuis le 17 juin 2013
- CNIL, Guide Recrutement, 30 janvier 2023 (fiches 5, 7, 8 et 9 ; cite les articles L1221-6 à L1221-9 du Code du travail)
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